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Jonquières-St-Vincent - Chapelle & moulins par Paul Bosc

 

Les belles surprises de Jonquières-St-Vincent

 

 

GateauBon anniversaire ! Et oui, voilà un an que la section « balades » de l’Association sportive des retraités nîmois a fait ses premiers pas.

Un an. Et que de chemins parcourus depuis cette première sortie au Clos Gaillard. D’ailleurs le président Serge Enjalran,

le secrétaire Jean-Pierre Chabert et le trésorier Michel Dessus n’y croyaient pas à cette nouvelle activité, sœur cadette des randonnées

du mardi, mais sans difficultés et sans grand dénivelé. Une flânerie en quelque sorte, où l’on prend le temps de regarder la nature,

de s’arrêter  pour découvrir un joli site, en cessant de regarder marcher ses pieds. Et puis il y a, aux compteurs des GPS ou des podomètres,

moins de kilomètres que dans les randonnées. Les responsables avaient aussi  la crainte que certaines personnes désertent d’abord les mardis  puis l’association.

 

Et pourtant, à l’heure du bilan annuel, il faut bien reconnaître que nos trois Mousquetaires, s’ils possèdent de grosses cervelles pour gérer la troupe, n’ont pas le « pif » pour les idées nouvelles. Car les « balades » du jeudi sont un succès et apportent depuis le début de la saison de nouveaux adhérents qui, après quelques sorties pour se remettre en forme, tâteront, peut-être, aux randonnées plus difficiles et grossiront les rangs des « mardistes ». Et à contrario, les anciens, fatigués et rattrapés par le poids des ans, rejoindront les « jeudistes ». Un bon équilibre.

 

Ce dernier jeudi illustre bien ce que l’on vient d’écrire. Au rendez-vous traditionnel du parking de Lidl des 7 collines, 5 nouvelles recrues (4 femmes et 1 homme) sont au garde-à-vous devant le général en chef qui les accueille et explique que la sortie va nous conduire vers Jonquières-St-Vincent pour découvrir « moulins et chapelle ». Je parierai bien un billet qu’il n’y avait pas grand monde parmi les 27 partants qui savait qu’il y avait des moulins à Jonquières. Et des sources, et l’édification d’un parc photovoltaïque et que la Terre d’Argence est bien belle et que chacun a pris plaisir à découvrir.

 

C’est Bernadette, vous savez celle qui est chouette, comme chantait Nino Ferrer, qui mène la randonnée débutée par la traversée d’une roselière où les cannes sont immenses et des bambous de belles dimensions ont pris racines. Voilà un pays d’eau ! Et en effet Jonquières-Saint-Vincent possède cette originalité, rarissime en Languedoc et qui serait due au travail des eaux créant des « dolines » (cuvettes fermées) qui en se regroupant et en se confondant ont fini par provoquer un affaissement de la surface. Le Grand Valat, petit ruisseau qui traverse la Palud avant de se jeter dans le Gardon serait à l’origine de cet état.

 

De l’eau on en trouvera encore à la source Font de Tavie qui jaillit au milieu de platanes plus que centenaires de tailles impressionnantes.

Le coin a été aménagé afin d05 p1110878e pouvoir déjeuner ou s’abriter du soleil. Bernadette qui  est toujours très chouette, profite de cette pause pour nous instruire sur le site et sur la signification de « Terre d’Argence » qui couvre le territoire de Beaucaire à Fourques et qui vient de la couleur argentée des feuilles de saules. Mais la végétation c’est aussi beaucoup de vignes qui donnent des vins réputés comme le domaine de Campuget ou du Mourgues du Gres et des arbres fruitiers. On découvrira, un peu plus loin, un champ de figuiers dont les racines  de dimensions impressionnantes doivent se délecter de ces eaux souterraines.

 

Pour l’instant pas de chapelle, ni de moulins…

 

La Réclame faite sur cette sortie nous aurait-elle bernée ?

 

C’est la pause déjeuner. Frugal certes et qui se termine depuis quelques temps maintenant par quelques « gouttes » de confection artisanale. Monique et Michel avaient caché derrière leurs fagots, une « petite » fiole de Limoncello qui, ma foi, se laisser aimablement déguster. Coup de fouet en retour ?

 

C’est reparti.

 

C’est là le début des surprises avec la découverte des travaux de débroussaillage et de terrassements de l’ancien dépôt d’ordures qui va devenir un immense parc photovoltaïque de 13 ha et dont la production d’électricité  correspondra à la consommation de 2300 foyers soit près de 2 fois la consommation actuelle de la commune.

 

Puis c’est la chapelle Saint-Laurent qui impose une halte. Située près de la nationale qui conduit à Beaucaire, elle a été restaurée

ces dernières années mais est fermée et la « cadaula » n’est pas sur la porte. Nous ne pourrons donc pas voir la voute du sanctuaire 21 006

qui est portée par deux bornes milliaires qui datent de l’empereur romain Claude. Mais Bernadette, qui toujours aussi chouette,

a relevé quelques infos sur cet édifice datant du XIIe siècle et qui était, à l’époque, au bord d’un étang.

 

Chemin faisant, nous approchons du village remarquable de loin par son célèbre campanile.  Encore une surprise avec la découverte de l’hôtel de ville de Jonquières, incongru dans un paysage méditerranéen qui ressemble plutôt au château de Walt Disney ou à un hôtel particulier de Deauville. Sur la place dominée par une gigantesque fontaine, Bernadette (qui est extraordinairement chouette) nous apprend que cette mairie a été édifiée par un architecte nîmois M. Augière et  très contestée par la population. Elle sera néanmoins inaugurée en 1903 par un futur Président de la République : Gaston Doumergue.

Sur le chemin des aires, tout en haut du village, on découvre enfin les deux moulins à vent aux ailes gigantesques et 28 p1110908

restaurés par une association de sauvegarde du patrimoine. Il ne manque que la voilure pour que tournent les gentils moulins.   

 

Fin de ce voyage, retour sur la place du marché où sont garés les véhicules.

 

Merci Bernadette, tu es vraiment des plus chouette.

 

Prochaine sortie : jeudi 4 février (le rendez-vous est à 10 heures à Lidl 7 collines, j’en connais qui arrive à 10 h 30 quand le train est parti) pour une « balade » en Petite Camargue  à Franquevaux  découvrir le Cougoulier. C’est Paul Mariottini (06 44 95 88 57) qui conduit cette marche de 3 h 30 et de 13 km sans dénivelé.

 

La Montagnette par Paul Bosc

 

Un grand pas en avant…

 

Cette petite phrase fait toujours sourire car, en l’évoquant, il revient en mémoire cette formule : « Nous sommes au bord du précipice, nous allons faP1050789ire un grand pas en avant », extraite du rapport de Standard & Poor qui a de nouveau baissé la note de la France, de AA+ à AA en novembre 2013. A l’Association sportive des retraités nîmois, les côtes s’écrivent avec un accent circonflexe sur le « O » et, à part le trésorier, personne n’évoque les montées et descentes des bourses…

 

Donc, ce grand pas en avant que nous voulons évoquer est le passage  à l’échelon supérieur de la randonnée pédestre, de cinq licenciés de l’ASRN de la « balade » du jeudi à la randonnée du mardi. Fabienne, Marie-Claude, Chantal, Evelyne et Paul ont tenté l’aventure avec cette sortie conduite par Jean-Pierre Chabert de l’Abbaye de Frigolet (de farigoule, le thym qui couvre toute la colline et qui donne à la liqueur son goût unique) à Boulbon avec retour par le fameux « San Salvador » planté à 161 mètres d’altitude et qui offre un panorama  exceptionnel de la Méditerranée à la Chartreuse de Villeneuve d’Avignon en passant par les Alpilles et la vallée du Rhône, les usines fumantes de Tarascon ou la haute cheminée de la centrale thermique d’Aramon qui avait été construite au début des années 70 pour la première crise du pétrole).

 

Mais d’où vient ce nom ?  D’Amérique Centrale ? Que nenni. Toutefois le mystère restera, pour l’instant, entier. Le moteur de recherche d’Internet ne donne aucune définition de ce saint-Sauveur aux consonances ibériques. Il est seulement proposé une autre appellation : « les rochers de Raous ». Point final sur le chapitre puisque 021nous sommes à ce sommet, tout près de l’abbaye de Saint-Michel de Frigolet et que nous aurons alors parcouru entre 14 et 17 kilomètres selon les GPS ou podomètres en possession des 16 randonneurs présents ce mardi-là. Et encore on a bien failli perdre l’auteur de ces lignes qui, n’écoutant pas sa mère qui lui a pourtant répété maintes fois cette recommandation « lèves tes pieds quand tu marches » s’est lamentablement affalé après s’être embronché dans une pierre.

 

Pin-pon, Pin-pon le maître sauveteur Daniel arrive sur les lieux de la chute, dianostique, ouvre sa boîte à ouvrage, coupe un morceau de sparadrap, l’applique sur le nez du blessé, Monique fait couler quelques gouttes d’eau de mélisse sur un morceau de sucre, un autre randonneur a déjà appliqué sur les points de blessures (légères) un peu de desinfectant. Plus de peur que de mal.

 

Une petite visite à l’église de Saint-Michel de Frigolet qui offre une magnifique crèche en bois d’olivier offerte 126ec4fe d8ee 4d7d b6c7 b173fe03636d

par un judoka nîmois célèbre, ancien officier de l’armée de l’air qui, dans les années 50-60, avait créé le premier

judo-club à la rue de Beaucaire et fait découvrir ce sport de combat à des générations de jeunes nîmois.

Il s’appelait Charles Toni. C’est André qui me rappelle ce souvenir.

 

Par contre, la petite troupe évite la boutique de l’abbaye où il est à peu près certain qu’il existe encore  quelques bouteilles de « l’élixir du révérend père Gaucher », célèbre conte d’Alphonse Daudet dans ses « lettres de mon moulin » et que Michel Galabru, qui vient de disparaître, avait repris le rôle dans un théâtre parisien. « Cette liqueur verte, dorée, étincelante, exquise ; c’est l’élixir du Père Gaucher, la joie et la santé de notre Provence ; on le fabrique au couvent des Prémontrés ». écrit l’auteur nîmois.

 

On ne touche pas à cela à l’ASRN. Nous sommes, pour ainsi dire, des images de vertus !

 

D’accord ! Nous ne sommes pas au confessionnal.

 

Un petit cordial, un peu de cartagène à l’apéro, un peu de Marie-Brizard sur le café n’a jamais tué personne et si l’on ajoute que quelques carrés de chocolat fantaisie ou quelques papillotesP1050794 sont très agréables à des palais asséchés par toute cette route, on reste tout à fait intègre envers la législation : « à consommer avec modération.»

 

D’ailleurs, on méritait bien cette petite halte-déjeuner sur un versant de colline ensoleillé après avoir croisé la belle maison d’Iñes de la Fraisange, célèbre mannequin parisien installée en Provence et même une manade de taureaux qui avait été mise en place là, parce que le propriétaire voulait faire plaisir à Monique, dont le taureau est une religion.

 

On n’oublie pas Boulbon, les vestiges de son château dressé dans la colline près d’un moulin, citadelle inviolable qui domine la vallée du Rhône et le charmant village provençal aux pierres dorées, aux rues et places pavées et sa belle église. Un village qui garde une coutume ancestrale :  le 1er juin de chaque année, pour la Saint-Marcelin, le prêtre conduit une procession constituée uniquP1050788ement des hommes du village qui porte une bouteille de vin jusqu’à la chapelle où ils ne peuvent entrer que sans femmes ni compagnes. Après la messe et les prières, le curé fait ouvrir les fioles et chacun boit un petit verre du breuvage puis, l’abbé bénit les bouteilles dont le contenu servira  à soigner, tout au long de l’année, quelques maux.

 

On ne mentira pas en vous disant que le lendemain les muscles étaient quelque peu douloureux mais l’expérience a été réussie. Sûr que nous reviendrons.

Les Capitelles de Milhaud par Paul Bosc

Le conte de Chantal, nouvelle adhérente de l’ASRN par Paul Bosc

 

Chantal, c’est la toute dernière adhérente de l’année. Elle vient de signer sa licence  à l’Association sportive des retraités nîmois et,

 pour fêter cette importante décision, 03 p1110573

 elle a pris le chemin des Capitelles, dernière « balade » de l’année 2015 conduite

 par notre chef vénéré, notre président préféré, notre guide, notre chef de file,

 notre éclaireur, notre pasteur Serge Enjalran (il faut bien se montrer « lèche-bottes »

 quand on adhère à une association de marcheurs).

 

Chantal, vous ne la connaissez pas encore très bien. C’est une jolie blondinette, nîmoise de chez nîmoise discrète, et pas très bavarde (pour l’instant).  Correspond-elle à l’étymologie de son patronyme ?

 

« Les Chantal et  Amra  (qui veut dire saintes en hébreu) sont enthousiastes et sociables. Particulièrement féminines. Leur caractère est assez cyclothymique et capricieux et leurs sautes d'humeur déroutent fréquemment leur entourage. En fait, c'est l'affectivité qui régit leur vie et leur caractère est considérablement influencé par leurs émotions. Déroutantes, elles le sont aussi par les changements permanents qu'elles vivent. Il leur faudra être canalisées et dirigées car leur naturel est fantaisiste et indiscipliné. Pour elles, la vie est un jeu et les notions de travail, d'ordre, de méthode, d'obéissance et de devoirs ne les concernent pas vraiment. Leur corde sensible demeure l'affectivité. »

 

Bref ! Chantal a effectué sa première sortie (officielle en tant que membre actif) avec le groupe 08 p1110577

pour découvrir les Capitelles de Milhaud. 17 exactement éparpillées dans la garrigue : des grandes,

des petites, de squattées, des transformées en barbecue mais qui prouve de l’existence d’une                    

civilisation méconnue qui a ensuite laissé place à celle des masets. Car tous ces murs de pierres sèches

qui, apparemment, séparaient les propriétés ne se sont pas bâti tout seul et si la nature a repris ses

droits, on se doute bien qu’à cette époque, les lieux étaient totalement différents.

 

Dans « Les Origines de Nîmes », de E. Climon, nous lisons :
« Lorsque la civilisation venue des bords de la mer Egée, gagna nos régions, notre ancêtre n'échappa pas à son contact ; il évolua rapidement alors et il ne tarda pas à apporter un certain art dans la construction de son habitat, jusqu'alors primitif. Sa demeure, toutefois, continua à être en pierres sèches ; la forme en fut ronde et rarement carrée. La partie supérieure fut en voûte en encorbellement parabolique et non sphérique : fausse voûte dont les assises débordent les unes sur les autres et rétrécissent de plus en plus l'ouverture jusqu'à ce que cette dernière fut assez étroite pour être fermée par une simple pierre. La porte de la hutte fut d'abord constituée par deux grosses branches en angle aigu pour soutenir la masse de maçonnerie ; plus tard, on étaya les deux branches sur un madrier horizontal, vers le tiers supérieur de sa hauteur ; plus tard encore, on remplaça ces branches par des montants de pierre et le madrier par un linteau : on créa ainsi la porte trapézoïdale, surmontée d'une petite fenêtre triangulaire ; plus tard enfin, on supprima cette fenêtre ou bien on donna à ses côtés une inclinaison différente de celle du chambranle. ». On suppose que ces abris servaient pour les bergers ou tout simplement d’entrepôt à outils, parfois même de bergerie.

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Maryse nous affirme que la porte est toujours située au couchant, mais la boussole du chef nous indique plein sud et, après des recherches sur Internet,  nous n’avons pas trouvé d’explications véritables sur cette affirmation. Elle va rechercher dans le livre qui traite des capitelles, écrit par un cousin ou un ami, la vérification de ses dires.

 

A cette civilisation succéda celle des masets qui, d’ailleurs dans cette « petite randonnée du jeudi » étaient  souvent mitoyens avec les capitelles : le maset est un pied à terre hors de la ville, plus ou moins confortable,  qui est resté longtemps sans électricité et où l’eau de pluie se recueillait dans une citerne creusée sous la bâtisse. Les propriétaires venaient y passer des fins de semaine au grand air, loin de la ville. Ils cultivaient l’olivier, le cognassier, le plaqueminier (kakis), le grenadier, ils plantaient quelques tomates, des iris, invitaient les amis sous la tonnelle pour boire l’absinthe ou partager une poêlée de châtaignes ramenées des Cévennes. Dans notre balade, les masets ont été souvent « visités » ou pillés. Triste civilisation.

 

Contrairement aux environs de Nîmes, ces masets ont que rarement été transformés en résidence principale,23 p1050772

ce qui explique, peut-être, cet état d’abandon : allez donc demander aux enfants d’aller passer

un week-end sans eaux ni électricité dans une baraque en pleine garrigue. « Je la branche où ma playstation ? »  

 

 

 

Chantal ne se plaint pas. Elle avait l’habitude avec un groupe de copines de marcher dans la garrigue. « A un rythme plus soutenu » reconnait-elle. Mais la définition de ces sorties « sans difficultés » a fait le succès de la formule. A quelques encablures du cimetière de Milhaud où nous avons laissé nos véhicules, on demande à la nouvelle sociétaire ses impressions sur cette sortie : « Je me suis régalée. C’était très intéressant. »

 

Sans doute qu’après les fêtes de fin d’année, Chantal sera au départ  la première sortie de 2016, celle dénommée « Rando-galette » le jeudi 7 janvier à Lédenon-Saint-Bonnet pour une sortie de 12 km mais, à la mi-parcours (place de la mairie à 12 h 30, on s’arrête pour déguster la galette des rois).

 

Les autres randonneurs de l’association qui ne participent pas à la randonnée peuvent rejoindre le groupe. Mais ce rendez-vous est uniquement pour les « galavards ».

 

Ou alors le mardi 12 janvier, pour les plus aguerris, avec un circuit de 17 km et un dénivelé de 300 mètres à Montredon près de Salinelles. Renseignements auprès de M. Jean-Pierre Le Roux au 06 88 47 2102.

 

Générac-Les Puechs par Paul Bosc

 

Les calembredaines du grand Chambellan

 

Pour bien suivre cette histoire, il faut, tout d’abord, savoir que les habitants d’Alès sont appelés « les Mange-tripes » ; ceux de Vézénobres portaient le titre de « Sarrazins » parce que la ville possède deux tours de cette époque où le Sud de la France avait été envahi par ces tribus barbares. A Beauvoisin, dans les Costières, le sobriquet utilisé est « li Tefles » (les Grosses Têtes) et à Générac, la ville voisine, les résidents sont plutôt râleurs d’où le nom occitan de « Racanels ». Il se raconte que, quand les deux équipes de football se rencontraient à Générac, la troisième mi-temps était assez mouvementée puisqu’elle se terminait chemin Creux dans une bagarre générale entre « Tefles » et « Racanels ».

 

Sachez aussi, toujours pour bien comprendre cette histoire, que notre guide du jour est un Sarrazin d’origine mais Racanel d’adoption. Cela peut expliquer bien des choses…

 

Le grand Chambellan de l’Association sportive des retraités nîmois, habitant donc le petit et charmant village de Générac a été pressenti par le président Serge Enjalran pour conduire cette « balade du jeudi » vers les puechs qui séparent les vallons du territoire. Soit dit en passant, Frédéric Mistral dans « Lou Tresor dou Felibrige » son dictionnaire  Français-Provençal, définit ce mot par : une ondulation de terrain, un sommet, une éminence, une colline isolée… Mais qui peut aussi se dire, selon les régions, Poui  ou Pèt en gascon, Puig en catalan, Le Puy comme en Haute Loire ou Puy Sainte Réparade dans les Bouches-du-Rhône etc.

 

Mais revenons à nos moutons, et éloignons immédiatement l’idée qu’il s’agit dans cette locution des 23 randonneurs

de l’ASRN présents sur le parking du château pour cette sortie annoncée pour 13 km, sans difficulté, même

si « la réclame » ne mentionnait pas un dénivelé

de 200 mètres incluant la montée du Puech Lachet. Comme les légionnaires romains on avait signé pour en baver ! Mais voilà que le grand Chambellan, en reconnaissant le trajet, découvre un éboulement et un trou aussi immense que l’abime de la Sécurité sociale ou les fonds du Trésor public. Donc il décide de ne pas tenter le Diable et

surtout la blessure d’une de ses ouailles placées sous son éphémère responsabilité. Le trajet devient donc une03 p1050728

promenade de santé en se dirigeant vers Aubord, autre petit village de la Costière, en empruntant des chemins

plats comme un œuf sur le plat, en serpentant entre vignes, arbres fruitiers ou friches de vignes arrachées qui

pourraient pourtant nourrir bien plus de chômeurs ou de sans-emploi que les quelques chevaux Camargue

qui mâchonnent les pissenlits, certes pas par la racine, mais dans des enclos.

 

« L’Argentier » connaît, comme sa poche, car elle est vide, les lieux et annonce fièrement et même en pérorant quelque peu : « Ici, on ne peut pas se perdre ». La suite nous dira le contraire…

 

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 Donc on marche vers les travaux gigantesques de la nouvelle voie TGV. 

 Les femmes parlent, taillent, à l’occasion, un costume sur l’une ou sur l’autre,

évoquent leur régime et se partagent des recettes culinaires.

 

 

 

Ah ! Si nous avions grimpé quelques côtes, ces bla-bla auraient cessé. Les femmes parlent beaucoup…

Malgré le ciel gris et bas, la température est agréable et « l’Econome » choisit un terrain pour un                                         

déjeuner sur l’herbe à  la manière de Manet, mais en moins romantique.

Le sol est dur les mauvaises herbes ne sont pas rembourrées. Mais on a signé…

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Après le repas, André propose un petit remontant sympathique. Malgré l’appel discret, mais néanmoins insistant pour que le « questeur » assure l’élixir-digestif, le « caissier » a oublié ce détail. Heureusement son épouse propose une part de gâteau. Sans vergogne, le « facturier » assure qu’il s’est, levé à 5 heures du matin pour pétrir et préparer cette petite gâterie. Mais il en est rien. Elle arrive tout droit de la pâtisserie industrielle du coin. Toutefois, elle ravit notre communauté.

 

Allez ! En route. Ce n’est pourtant pas les méfaits de l’alcool  mais le « pifomètre » du meneur de troupe ne fonctionne pas au mieux. Le « Prévoyant » se trompe de chemin.  Il faut tourner les talons. Là, le président commence à perdre patience et se demande s’il y a un pilote et se pose la question si « l’Eclaireur » ne risque pas de mettre en péril l’existence même de l’association. Enfin, après une dernière rectification de trajet par Jean-François, nous arrivons à Générac. Il ne fait pas encore nuit noire. Sauvés !

 

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 Si, au départ, nous avons pu découvrir les richesses du village comme la cave coopérative 

 qui a longtemps été la détentrice du record de capacité des cuves, il nous reste à découvrir

 le musée de la tonnellerie et le château, propriétés de la commune.

 

 

 

En 1980, la cave a produit 210 000 hectolitres de vin de table alors qu’elle a subi une perte spectaculaire de production après cette date pour en arriver en 2006 à 62000 hl mais les viticulteurs ont arraché ou changé de cépages pour entrer dans l’appellation « Costières de Nîmes ».

 

Intéressantes visites que le musée et le château. C’est « l’encaisseur des licences et des cotisations » qui a conclu 23 imag0210

avec les services de la mairie cette visite où l’on a appris que le propriétaire des lieux, au XIe siècle, empruntait,

à cheval, l’escalier hélicoïdal et orné d’anges masqués pour accéder aux étages. Il faut savoir que les cavaliers du Moyen-Age  

montaient des destriers qui n’excédaient pas les 1,40 m au garrot malgré que leurs races soient classées

chez les « Great horse », (grand  cheval). Ce qui rend cette monture médiévale bien petite.

 

A découvrir également une grande toile de l’artiste nîmois Albert Martin.

 

Il est temps de cesser de plaisanter et remercions Michel Dessus de cette journée, même si l’on a beaucoup ri sur ses calembredaines. Je vous laisse chercher la définition dans le dictionnaire…

 

Prochaine sortie le mardi 15 décembre à Saint-Martin de Crau pour une petite balade sur le circuit découverte puis repas de fin d’année au restaurant de la Crau, chez Louis Michaud. Ensuite visite du musée de la Crau. Pour terminer l’année en beauté, le jeudi 17 décembre, randonnée aux capitelles de Milhaud de 10 km avec 100 mètres de dénivelé. Rendez-vous à 13 h 30 sur le parking de Lidl, derrière l’ancien Casino.

 

 

 

 

 

 

Congénies Pierre plantée par Paul Bosc

 

Revivre le passé

 

La Vaunage. Quelle magnifique vallée creusée dans la garrigue que Marie-Claude a découverte en descendant vers Clarensac en venant de la route de Sauve. Sur le panorama qui s’offre, en cette matinée d’automne, s’étalent les villages de  Cavairac, Clarensac, Lansargues, Saint-Côme, Calvisson et ses moulins, les collines de Nages où une communauté romaine a vécu dans l’oppidum et puis, derrière les  hauteurs de Calvisson, Congéniès et Aubais. C’est le but du voyage, c’est le rendez-vous fixé par l’Association sportive des retraités nîmois que préside Serge Enjalran pour une nouvelle balade du jeudi qui conduira les randonneurs vers la « Peyra plantada » un des rares menhirs du Languedoc et la chapelle Saint-Nazaire de Marrissargues sur la commune d’Aubais. Marie-Claude, savoyarde immigrée dans le Sud, ne connaissait pas la région. Elle s’égare dans les petites rues de Calvisson. Les camarades  attendent notre arrivée près de l’ancienne cave coopérative. « On a pris un raccourci ».

 

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Les vignes qui, à une époque, s’étendaient sans discontinuer de Saint-Césaire à Sommières ont été arrachées ; des

chevaux occupent parfois le terrain en attendant que les mairies décident de lotir ces terres agricoles.

Les villas et les lotissements gagnent chaque année de plus en plus de terrain et effacent les images de mon adolescence.

 

 

 

Je me souviens du tour des « 35 » que nous faisions à vélo en partant de Saint-Césaire pour rejoindre Clarensac et sa côte qui grimpait en zig-zig, relativement pentue et qu’il fallait  gagner en danseuse, puis on rejoignait Nîmes par la route de Sauve. 35 kilomètres avec des bicyclettes qui n’étaient pas en titane…

Je me souviens du train de la ligne Nîmes-le Vigan, aujourd’hui remplacé par une voie verte qui emprunte son trajet.

Aubais que nous allons traverser est le village natal de mes grands-parents paternels. Ils reposent dans le cimetière protestant et j’ai une pensée pour mes ancêtres que je n’ai pas connus.

Aubais c’est aussi la cour du château, « le plan » qui est toujours le lieu sacré des fêtes votives de la ville. Dans les années 60 des charrettes formaient l’arène et le public s’entassait sur chacune d’elle.  Il n’y avait ni barricades, ni barrières. Parfois le taureau montait les cornes jusqu’aux spectateurs. Le « plan » est toujours carré et en pente mais des amphithéâtres démontables remplacent aujourd’hui les vieilles charrettes.

Ce qui n’a pas changé dans la Vaunage, c’est la tradition des « empèques ». Sur tous les portails

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ou portes de Calvisson, Congeniès, Aubais, Aigues-Vives, Langlade, Saint-Côme… se collectionne

 ces « tampons » portant le millésime de la fête votive et représentant souvent le drapeau languedocien,   

 un taureau, un cheval, des tridents, la croix camarguaise… Les jeunes du Comité des fêtes donne l’aubade

 à la population afin de récolter des fonds pour organiser la fête et oppose « l’empègue » pour…....

 Se souvenir qu’ils sont passés par là. Les fêtes votives sont redoutables en Vaunage.

 

 

 

A visiter la ville, on apprend par une plaque scellée sur le mur de la maison face au château qu’un médecin, ancien maire d’Aubais, Paul Berrus était « compétent, généreux, disponible, jovial. Il était Paul le mainteneur, l’âme de tout un village. Sa devise était : résister ». Un bel hommage mais il semblerait que le village est le don d’élire des maires remarquables. On apprend ainsi  en consultant Internet sur la vie des Aubaisiens et Aubaisiennes que Pilar Chaleyssin, maire, a reçu la Légion d’honneur en 2011.

La randonnée conduite par Eliane Daunis qui a pris à la lettre le cahier des charges des P1110406

« petites randonnées du jeudi » : sans difficulté et décontractée, va nous conduire vers 

la chapelle Saint-Nazaire de Marissargues, par une ancienne voie romaine marquée                

par le passage des roues qui ne connaissaient pas le pneumatique. La bâtisse est fermée                        

et ne laisse pas beaucoup d’informations. Ce que l’on sait : elle est restaurée par des

bénévoles et n’ouvre que l’été ou pour les journées du patrimoine.

Mais elle est jolie dans son noyau de verdure et permet de faire une petite pause pour se désaltérer.

Comme il n’y a pas de difficulté, les femmes parlent beaucoup…

 

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 On repart pour rejoindre la « pierre plantée » que nous avons rencontrée à l’aller sur le chemin des Oules ; 

 On apprend ainsi qu’elle date de l’âge de cuivre soit 2500 ans avant Jésus Christ et que c’est un bloc de molasse      enfoncé d’un mètre dans le sol et haute de 2,50 m.

 Des signes chrétiens ont été gravés sur l’une de ses faces mais on ne sait pas exactement

 si elle servait à marquer des distances ou à autre chose.

 

 

Fin du voyage.  Les 24 randonneurs quittent les chaussures et posent les bâtons.

Marie-Claude va nous ramener à Nîmes. Avec Guy on veille à ce qu’elle ne nous perde pas sur le chemin du retour. On plaisante, bien sûr…

 

Prochaine sortie : jeudi 3 décembre. On randonne à Générac et marche vers les Puechs, 13 km avec un dénivelé de 150 m. 3 h 30 à mettre un pied devant l’autre avec pause déjeuner compris. Le grand chef de la sortie est Michel Dessus. Les randonneurs espèrent que le trésorier aura dans les fontes de son magnifique sac un petit remontant aussi égal à l'élixir du président...

 

Autour de Cruviers par Paul Bosc

 

Les vignes des Cévennes

 

Avant de s’élancer vers une nouvelle balade, j’aime bien savoir où je mets mes pieds. Et surtout éviter de les mettre dans le plat. Aussitôt je branche mon moteur de recherche favori et tape : Cruviers puisque c’était le thème de la randonnée du jeudi de l’association sportive des retraités nîmois.  Cruviers-Lascours, on ne peut pas le raté. La cheminée de la distillerie coopérative laisse s’élever dans le ciel un panache de vapeur d’eau blanche visible de tout le canton. Si la société Grap Sud distille de l’alcool à base de raisins, de moûts et autres résidus de la vigne, elle a diversifié sa production en proposant de l’huile de pépins de raisins et en distillant de la vodka... Mais oui !  Il s’en passe des choses bizarres dans ce canton proche de Vézénobres, ville natale de notre trésorier en chef : Michel Dessus

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Autres bizarreries : quand on arrive au village, pour rejoindre la mairie,  

il faut emprunter l’allée des marronniers. Et bien il n’y a pas de marronniers sur la dite allée.

Comme il n’y a pas de micocouliers dans la rue des micocouliers.

 

 

 

 

 

P1050674  Par contre des vignes, il y en a. Il y a même presque que ça. Pas étonnant quand on sait que l’agriculture        

représente 71,1 % des activités de ce village où l’on vit bien et vieux. Et puisque nous sommes                                      

dans les statistiques, sachez que sur l’ensemble de la population, 37,7 % sont retraités,

qu’il y a plus  de femmes que   d’hommes et que certaines ont franchi le cap des 90 ans,âge que les hommes ne parviennent pas à dépasser.

 

 

 

Et puisque il y a des vignes, il y a une coopérative. Importante même puisqu’elle produit 42000 hectolitres de vins. Mais nous en reparlerons après la balade. Nous grimpons donc vers le village, la côte, assez raide  fait étirer la file des trente randonneurs que conduisent aujourd’hui la famille Le Roux. Beau panorama sur les Cévennes toutes proches, le mont Bouquet, là-bas vers Uzès, Moussac sur la droite, Alès vers le nord et toujours le panache de fumée de la distillerie comme point de repère. Puis on redescend vers la Droude, petit ruisseau qui, le 15 novembre 2014, est devenu un torrent et a emporté la voiture d’une famille provoquant la mort de la mère et de ses deux enfants. Des fleurs marquent le souvenir de cette tragédie. 

 

                                                                                                           

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Peu avant le petit pont submersible, on croise les bâtiments du moulin à huile Paradis,

qui propose des huiles de qualité supérieure. Nous sommes maintenant sur la commune

de Saint-Césaire de Gauzillan, sur la route des vins.

 

 

 

 

A l’heure de sortir le déjeuner du sac, un stade nous offre des bancs et des jeux pour les enfants et l’on surprendra plusieurs randonneurs se payer un petit tour de manège ou de balançoire. Nous sommes restés enfants !

 

Comme d’hab, Maryse a porté des gâteaux qu’elle se fait un plaisir de distribuer et en nous livrant un petit secret intime qu’elle était amoureuse de François, depuis l’âge de 15 ans… C’est beau l’amour !

 

Trêve de plaisanteries, il faut remettre un pied devant l’autre. Ce n’est pas facile après cette halte. La balade traverse de nombreuses vignes  qui, avec l’automne, ont pris de sacré belles couleurs. Il fait une journée extraordinaire et même chaud en ce début d’après-midi. Nous revenons vers Cruviers-Lascours en traversant les terres du domaine Le Pavillon et ignorant volontairement quelques ruines que nous proposait de visiter Jean-Pierre, notre guide du jour, suppléant de Danièle, son épouse qui a préparé l’étape suivante : la visite de la cave coopérative des « Claux des Tourettes » en prenant rendez-vous avec le directeur.

 

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La cave a fusionné en 2002 avec celle de Ners puis celle de Ribaute-les-Tavernes, en 2006. Elle a investi dans du matériel ultra-moderne (fouloirs, cuves en inox, etc.) pour produire 42000 hl de vin rouges, blancs et rosés sous l’appellation « Cévenneswines » (pourquoi en anglais ?) et étiquetée par les points GPS en longitude et latitude (çà c’est unique). Le directeur nous conduit dans la visite des différentes étapes du circuit : des cuves en béton qui réceptionnent le raisin puis aux pressoirs, fouloirs jusqu’aux cuves inox impressionnantes.

 

 

 

 

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Une dégustation de différents vins nous est ensuite proposée afin que l’on découvre ces produits dont certains ont obtenu des médailles d’or et d’argent au Salon de l’agriculture à Paris.

 

Merci Danièle de cet excellent intermède.

 

 

 

La prochaine balade nous conduira à Congénies-Pierre plantée pour une rando de 11 km avec 3 heures de marche et un petit dénivelé de 150 m le jeudi 19 novembre avec Eliane Daunis. Le rendez-vous est fixé à Castanet à 10 heures.

 

 

 

La Combe des Bourguignons par Paul Bosc

La combe des Bourguignons, la garrigue des pauvres

 

Personne ou presque des randonneurs de l’Association sportive des retraités nîmois ne connaissait ce lieu, à quelques kilomètres de Marguerites : la combe des Bourguignons réaménagée superbement par la municipalité et porteuse d’une histoire de labeur, de peine et de sueur pour quelques pauvres paysans.

 

Vers 1850,  au début de l’exode rural (la France comptait  35 millions d’habitants dont  27,3 millions de paysans) Jean Sexte, dit « Bourguignon » cultivait ce site venu, comme beaucoup d’autres travailleurs, de toutes les régions de France pour arracher les pierres de cette garrigue, afin de rendre la terre exploitable. On les appelait « les Rachalans » peut-être parce qu’ils étaient toujours accompagnés d’un âne (racho en occitan) ou parce qu’ils travaillaient comme des bêtes de l’aube au crépuscule. Les propriétaires terriens qui les employaient toute la journée leur laisser alors quelques ares pour pouvoir cultiver et se nourrir. Ce qu’ils ne pouvaient faire qu’après leur labeur. De paysans ils sont devenus terrassiers, bâtisseurs de murs en pierres sèches pour les restanques  ou les capitelles ; maçons pour construire leurs cabanes. Les témoignages sont nombreux avec des panneaux explicatifs tout au long du parcours comme, par exemple, la capitelle abritant une source aujourd’hui tarie qui alimentait les champs. Les oliviers y sont nombreux mais ils ont laissé pousser cet arbre rustique de la garrigue nîmoise : 1 img 0438 3

les arbousiers qui offraient, hier, leurs fruits couleurs sangs, au jus sucré.                         

Ils travaillaient sans doute comme des bêtes mais ils possédaient une terre.

Un bien inestimable, les racines d’une vie. De la vie. Et qui rappelle des souvenirs…

 

Ces racines, ce coin de terre, ce lieu de vie nous les avons évoqués avec André Amat, le guide de cette journée et Monique Dessus (née Martin). Pendant notre enfance et notre adolescence, nous avons vécu dans le même quartier nîmois, celui de la rue Delon-Soubeyran et de la rue Saint-Mathieu, entre l’église Saint-Paul et le temple de l’Oratoire, un quartier vivant, à l’époque où l’on faisait la queue, le dimanche pour aller se laver aux bains-douches municipaux, où les commerçants s’appelaient Denis le coiffeur, Courtial, le boulanger, Simone et Jean les épiciers, Vandeur le serrurier, Mourgues pour les fruits et légumes. Il y avait aussi la mercerie, des menuisiers, le Bon-Lait et l’échoppe de mon père le cordonnier. Nous n’étions pas riches mais comme les « Rachalans » c’était notre coin de terre nîmoise. Et nous l’aimons encore.

 

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre balade. Quitté  la combe nous irons à travers champs et collines découvrir Poulx, quartier résidentiel aux belles demeures où nous déjeunerons avant de refaire le chemin en sens inverse pour revenir vers la Combe des « Bourguignons » par l’autre extrémité, celle où la mairie a édifié une maison commune aux associations qui viennent dans ce lieu découvrir un pan de l’histoire. Celle avec un grand « H ».

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Une petite surprise était réservée aux nouveaux membres adhérents à l’Association,                                  

une surprise, cadeau de bienvenue en quelque sorte. Jeanne, Marie-Claude, Fabienne,          

Hervé et  Michel ont apprécié la « castagnade » organisée par notre guide.

Les autres aussi ont apprécié…

 

 

 

Mais il ne devrait pas croire que se sera tous les jeudis pareils…

Les Berges du Vidourle par Paul Bosc

 

 

Navigation sur la digue du Vidourle entre Gard et Hérault

Le Vidourle traîne des eaux boueuses qui descendent des Cévennes et les jettera au  Grau du Roi. Depuis Boisseron, le fleuve partage ses rives entre Gard, sa terre natale, et l’Hérault, formant une frontière naturelle. Les randonneurs retraités nîmois, sous la conduite de Eliane Daunis, ont suivi le fleuve de Saint-Laurent d’Aigouze à Marsillargues, sans visa, mais avec une grande curiosité de mieux connaître les sites traversés. Les vignes qui occupaient pratiquement le moindre centimètre-carrés des terres, dans les années 50/60 et qui ont fait de la cave coopérative de Marsillargues la première d’Europe, ont été arrachées et remplacées par des arbres fruitiers  ou simplement sont devenues des pâturages pour les vaches et bious camarguais des manades Occitane ou, plus loin, Saint Gabriel.

Nous entrons dans Saint-Laurent d’Aigouze,  par le rond-point du cocardier, statue due à l’artiste Ben K pour rejoindre les arènes accolées à l’église. Nous sommes en Petite Camargue, pays de bouvine et de la « Fé du biou ». Plus culturel, Saint-Laurent est aussi la terre natale de la famille Auzière dont un enfant, Philippe Neel a épousé l’aventurière et écrivaine, journaliste, chanteuse d’opéra Alexandra David-Neel, première femme à entrer à Lhassa au Tibet en 1924. Peu avant la guerre de 1940 elle a fait transférer à Saint-Laurent, village qu’elle adorait, certains de ses objets personnels de sa maison de Digne (sa pipe à opium, son coffre à papiers, sa cloche tibétaine, papiers, livres etc.). En 2012, lors des journées du patrimoine, la municipalité a organisé une exposition de ces objets. Si les cendres d’Alexandra ont été disséminées dans le Gange, Philippe Neel repose au cimetière du village.

C’est Marie-Claude qui, tout au long de la balade,  a révélé  à notre petit groupe, cette histoire mais aussi

de nombreuses anecdotes sur le château de Teillan, le pont Boulet, le château de Marsillargues ou laP1100972

signification des sculptures portées au fronton de la mairie.

Passé le pont, nous sommes en terres lunelloises, dans l’Hérault, et c’est sur la digue que nous remontons le Vidourle.

Le fleuve se cache derrière les arbres et arbustes qui bordent la rive et le regard se porte vers les grandes terres

agricoles, les pâturages où ruminent les bovins de la manade Occitane.

Dans un parc, un peu isolés, les cocardiers aux cornes impressionnantes, nous défient du regard.

 

 

Nous arrivons près du pont Boulet qui traverse le Vidourle, après le repas. Une page d’histoire chère peut- être                                                                                              à la famille de notre guide, raconte que c’est un jeune conseiller municipal de Marsillargues,                             P1100979            Auguste Daunis qui devint maire du village, qui entreprit de convaincre toutes les instances nationales et régionales    pour construire ce pont que Pierre Boulet préconisait depuis de nombreuses années.

 

 

 Nous entrons dans Marsillargues, autre ville languedocienne de bouvine et célèbre pour sa fête votive du mois  d’août.

 Première visite : les arènes construites en 1960 et aujourd’hui classées monument historique. Curiosité : l’infirmerie  est située dans… un bar.   Les bandido et abrivado attisent toujours en grand nombre les Marsillarguois,  que l’on      surnomme « les Bajans » qui, en Languedocien, veut dire littéralement « les fous, les nigauds » (source Wikipédia). L   Le parcours a, aujourd’hui, été modifié et limité à la traversée du village des arènes à la « Chicanette » alors qu’à    une époque elles traversaient le pont ou se massait toute la population.

Voici maintenant la mairie et cette curieuse sculpture représentant trois boules, P1100988

une sorte de galoubet et des manchettes que portaient les musiciens et que l’on frottait entre elles.

La salle attenante à la mairie était, peut-être, un lieu de spectacles ou de jeux.

 

 

 

 

 

Tout à côté, le château de Guillaume de Nogaret orné d’une tour et dont la façade, du côté nord, porte hommage

à François 1er (salamandre), Louis XII (porc-épic), Diane de Poitiers (lune et monogramme) et sur l’aile sud des P1100990

emblèmes de Louis XIV, l’ensemble se complète par l’Orangeraie.

En faisant le tour des boulevards, un groupe de boulistes ironise sur nos bâtons de marche qui ressemblent

à ceux des skieurs : «Il n’y a pas de neige » plaisantent-ils. C’est l’occasion de leur demander s’il existe une rue

Gaston-Defferre, ancien maire de Marseille et natif du village. A leur connaissance, aucune rue n’a été baptisée de cet homme quand même célèbre même après les municipalités de Roger Contrepas et de son fils Jacques (1962 à 1979) qui appartenaient au même parti politique. 

 

 

Nous voici de retour vers Saint-Laurent d’Aigouze par la même digue héraultaise, celle gardoise étant en travaux où circulent de lourds engins de terrassement.

Le programme a été respecté : trois heures de marche et 11 kilomètres sans dénivelée et l’on se donne rendez-vous pour aller découvrir « la Combe des Bourguignons » entre Marguerittes et Poulx le jeudi 22 octobre. C’est André Amat qui conduira et guidera les randonneurs.

Paul Bosc