Les Gorges du Gardon - Poulx la Baume par Paul Bosc

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« Petite » balade dans les gorges du Gardon >>

      

 Que c’est beau ! Une réflexion unanime de la vingtaine de randonneurs au retour de la « petite randonnée » dans les gorges du Gardon. Une belle journée de printemps rafraîchie par un léger Mistral, la flore en fleurs, le Gardon d’un vert lumineux, la garrigue resplendissante après les pluies, tout a contribué à donner à ce jeudi 9 avril un parfum de totale réussite pour cette nouvelle activité de l’Association sportive des retraités nîmois.  Petite sœur des randonnées du mardi, plus longues, plus « pointues » en dénivelées, les « petites randonnées » du jeudi se contentent d’une dizaine de kilomètres et d’accidents géographiques mesurés pour débutants-marcheurs qui n’ont pas la même endurance que leurs aînés même s’ils ont le même âge. Après le Clos Gaillard à Nîmes et le tour de Cabrières, l’ASRN a tracé pour le deuxième trimestre 2 sorties par mois dont la première de ce mois d’avril était Poulx-La Baume.

 

Le rendez-vous était fixé à 10 h 30 sur les hauteurs de Poulx et après s’être chaussé et, pour certains, s’équiper des bâtons des randonneurs nordiques, les 20 « retraités-marcheurs » conduits par André Amat ont emprunté, tout d’abord, la départementale goudronnée D 127 nommée route de la Baume qui conduit 2 km plus loin, plus bas, au barrage interdisant les véhicules à s’avancer plus loin. Le royaume des gorges du Gardon, que gère désormais la réserve naturelle régionale, sauvages et dénudées, empierrées et tortueuses s’ouvre alors. Entre des falaises à-pic et des gorges profondes, serpente la D127 qui garde quelques traces d’un ancien revêtement quand la route était ouverte aux véhicules pour rejoindre l’ancien hôtel-restaurant qui accueillait les touristes au bord du Gardon. Sur Internet, le curieux pourra d’ailleurs retrouver un document datant du mois d’août 1904 signé Léonce Larnac où des photographies montrent ce vestige du passé.

 

Déjà les asperges sauvages ont  été cueillies, les pissenlits qui, cet hiver offraient l’occasion de manger une salade sauvage sont aujourd’hui en fleurs. Les plus documentés sur la flore et la faune des gorges peuvent reconnaître les tulipes, cyclamens ou narcisses sauvages mais dans le ciel personne n’a vu l’aigle de Bonelli ou de circaete Jean-le-Blanc dont on sait pourtant qu’ils nichent dans ces lieux. Tiens voilà un peuplier. Ses bourgeons sont un met succulent pour les abeilles. Et là les chênes kermès. Là-bas du thym tout en fleurs comme un peu plus loin le romarin.

 

La route de la Baume serpente, les virages sont serrés, le parapet de pierres qui protège du précipice vient d’être restauré par le Conseil général du Gard, l’ancien s’est écroulé par les crues successives. On peut le revoir dans le film d’Henri-Georges Clouzot tourné sur cette route en 1952 « le Salaire de la peur » avec Yves Montant et Charles Vanel.

 

Tout à coup, au sortir d’un virage, le Gardon offre ses méandres en technicolor et cinémascope. L’eau se colore  d’un vert bouteille quand le fond est profond, plus  clair quand le sable ou les roches effleurent, même crêté de blanc quand un courant plus puissant pousse le fleuve vers Collias. On approche. Les travaux d’aménagement du Conseil général permettent de  « couper » quelques virages et par des escaliers aménagés dans l’ancien hôtel en pierres sèches, bordés de jardinets fleuris, on descend vers le fleuve, vers le moulin de la barque renversée qui a souffert de la crue de 2002. De l’autre côté,  au bas de la chapelle où vécu saint Vérédème, deux baigneuses ne semblent pas craindre le froid de la rivière. D’autres marcheurs sont déjà sur la crête de la colline en route pour Collias. Ils ont traversé la grotte où nichent une vingtaine d’espèces de chiroptères (chauves-souris) elles aussi préservées dans cette biodiversité naturelle.

 

C’est l’endroit choisi pour le déjeuner sorti du sac, au bord du Gardon, au soleil. Les lézards s’enfuient à notre approche.  Il y a longtemps que nous n’en n’avions pas vu depuis que les geckos  occupent dorénavant nos jardins. Chacun choisi son rocher lisse comme un œuf, érodé par le fleuve au fil des siècles. Après son omelette, ou une barquette de taboulé, ou un simple sandwich ou bien une salade de pommes de terre, quelques verres d’eau rafraîchissante, un biscuit fait maison ou un cake industriel sont offerts par des ménagères prévoyantes tout comme une tasse de café bienvenue.

 

Chacun discute, commente son week-end pascal. D’autres étudient la carte IGN, les chemins, et pensent déjà à une autre sortie, peut-être par le versant de Sanilhac  qui conduit au versant de la chapelle. Là-bas les résurgences déversent à grands flots leurs eaux qui alimentent le Gardon après les pluies mais il est déjà l’heure de rebrousser chemin et de « grimper » jusqu’au village. La côte est parfois pénible. Serge Enjalran, le président, veille et parfois ordonne aux premiers de cordée de ralentir l’allure pour attendre les derniers. Mais le chemin est praticable et les 5 kilomètres qui remontent vers le ciel ne sont pas une sinécure. Comme nous sommes un peu en avance, André nous entraîne par un autre chemin autour du village. Les 11 kilomètres et les 3 heures de marche prévus au programme sont pratiquement accomplis. On plie les bâtons, quitte les chaussures de marche, remet le moteur en route. On se dit au revoir.

 

La prochaine sortie est prévue le jeudi 23 avril pour une randonnée vers les « Pigeonniers de Ste-Eulalie » à Collorgues,  11 kilomètres et là-aussi 3 heures de marche. Bernadette Hugues conduira la rando. Une belle journée en perspective.

Paul Bosc

 

Pour tout renseignement, s’adresser au secrétaire Jean-Pierre Chabert 04.66.21.86.58. Mail : jpchabert2@wanadoo.fr