Les Capitelles de Milhaud par Paul Bosc

Le conte de Chantal, nouvelle adhérente de l’ASRN par Paul Bosc

 

Chantal, c’est la toute dernière adhérente de l’année. Elle vient de signer sa licence  à l’Association sportive des retraités nîmois et,

 pour fêter cette importante décision, 03 p1110573

 elle a pris le chemin des Capitelles, dernière « balade » de l’année 2015 conduite

 par notre chef vénéré, notre président préféré, notre guide, notre chef de file,

 notre éclaireur, notre pasteur Serge Enjalran (il faut bien se montrer « lèche-bottes »

 quand on adhère à une association de marcheurs).

 

Chantal, vous ne la connaissez pas encore très bien. C’est une jolie blondinette, nîmoise de chez nîmoise discrète, et pas très bavarde (pour l’instant).  Correspond-elle à l’étymologie de son patronyme ?

 

« Les Chantal et  Amra  (qui veut dire saintes en hébreu) sont enthousiastes et sociables. Particulièrement féminines. Leur caractère est assez cyclothymique et capricieux et leurs sautes d'humeur déroutent fréquemment leur entourage. En fait, c'est l'affectivité qui régit leur vie et leur caractère est considérablement influencé par leurs émotions. Déroutantes, elles le sont aussi par les changements permanents qu'elles vivent. Il leur faudra être canalisées et dirigées car leur naturel est fantaisiste et indiscipliné. Pour elles, la vie est un jeu et les notions de travail, d'ordre, de méthode, d'obéissance et de devoirs ne les concernent pas vraiment. Leur corde sensible demeure l'affectivité. »

 

Bref ! Chantal a effectué sa première sortie (officielle en tant que membre actif) avec le groupe 08 p1110577

pour découvrir les Capitelles de Milhaud. 17 exactement éparpillées dans la garrigue : des grandes,

des petites, de squattées, des transformées en barbecue mais qui prouve de l’existence d’une                    

civilisation méconnue qui a ensuite laissé place à celle des masets. Car tous ces murs de pierres sèches

qui, apparemment, séparaient les propriétés ne se sont pas bâti tout seul et si la nature a repris ses

droits, on se doute bien qu’à cette époque, les lieux étaient totalement différents.

 

Dans « Les Origines de Nîmes », de E. Climon, nous lisons :
« Lorsque la civilisation venue des bords de la mer Egée, gagna nos régions, notre ancêtre n'échappa pas à son contact ; il évolua rapidement alors et il ne tarda pas à apporter un certain art dans la construction de son habitat, jusqu'alors primitif. Sa demeure, toutefois, continua à être en pierres sèches ; la forme en fut ronde et rarement carrée. La partie supérieure fut en voûte en encorbellement parabolique et non sphérique : fausse voûte dont les assises débordent les unes sur les autres et rétrécissent de plus en plus l'ouverture jusqu'à ce que cette dernière fut assez étroite pour être fermée par une simple pierre. La porte de la hutte fut d'abord constituée par deux grosses branches en angle aigu pour soutenir la masse de maçonnerie ; plus tard, on étaya les deux branches sur un madrier horizontal, vers le tiers supérieur de sa hauteur ; plus tard encore, on remplaça ces branches par des montants de pierre et le madrier par un linteau : on créa ainsi la porte trapézoïdale, surmontée d'une petite fenêtre triangulaire ; plus tard enfin, on supprima cette fenêtre ou bien on donna à ses côtés une inclinaison différente de celle du chambranle. ». On suppose que ces abris servaient pour les bergers ou tout simplement d’entrepôt à outils, parfois même de bergerie.

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Maryse nous affirme que la porte est toujours située au couchant, mais la boussole du chef nous indique plein sud et, après des recherches sur Internet,  nous n’avons pas trouvé d’explications véritables sur cette affirmation. Elle va rechercher dans le livre qui traite des capitelles, écrit par un cousin ou un ami, la vérification de ses dires.

 

A cette civilisation succéda celle des masets qui, d’ailleurs dans cette « petite randonnée du jeudi » étaient  souvent mitoyens avec les capitelles : le maset est un pied à terre hors de la ville, plus ou moins confortable,  qui est resté longtemps sans électricité et où l’eau de pluie se recueillait dans une citerne creusée sous la bâtisse. Les propriétaires venaient y passer des fins de semaine au grand air, loin de la ville. Ils cultivaient l’olivier, le cognassier, le plaqueminier (kakis), le grenadier, ils plantaient quelques tomates, des iris, invitaient les amis sous la tonnelle pour boire l’absinthe ou partager une poêlée de châtaignes ramenées des Cévennes. Dans notre balade, les masets ont été souvent « visités » ou pillés. Triste civilisation.

 

Contrairement aux environs de Nîmes, ces masets ont que rarement été transformés en résidence principale,23 p1050772

ce qui explique, peut-être, cet état d’abandon : allez donc demander aux enfants d’aller passer

un week-end sans eaux ni électricité dans une baraque en pleine garrigue. « Je la branche où ma playstation ? »  

 

 

 

Chantal ne se plaint pas. Elle avait l’habitude avec un groupe de copines de marcher dans la garrigue. « A un rythme plus soutenu » reconnait-elle. Mais la définition de ces sorties « sans difficultés » a fait le succès de la formule. A quelques encablures du cimetière de Milhaud où nous avons laissé nos véhicules, on demande à la nouvelle sociétaire ses impressions sur cette sortie : « Je me suis régalée. C’était très intéressant. »

 

Sans doute qu’après les fêtes de fin d’année, Chantal sera au départ  la première sortie de 2016, celle dénommée « Rando-galette » le jeudi 7 janvier à Lédenon-Saint-Bonnet pour une sortie de 12 km mais, à la mi-parcours (place de la mairie à 12 h 30, on s’arrête pour déguster la galette des rois).

 

Les autres randonneurs de l’association qui ne participent pas à la randonnée peuvent rejoindre le groupe. Mais ce rendez-vous est uniquement pour les « galavards ».

 

Ou alors le mardi 12 janvier, pour les plus aguerris, avec un circuit de 17 km et un dénivelé de 300 mètres à Montredon près de Salinelles. Renseignements auprès de M. Jean-Pierre Le Roux au 06 88 47 2102.