Les Berges du Vidourle par Paul Bosc

 

 

Navigation sur la digue du Vidourle entre Gard et Hérault

Le Vidourle traîne des eaux boueuses qui descendent des Cévennes et les jettera au  Grau du Roi. Depuis Boisseron, le fleuve partage ses rives entre Gard, sa terre natale, et l’Hérault, formant une frontière naturelle. Les randonneurs retraités nîmois, sous la conduite de Eliane Daunis, ont suivi le fleuve de Saint-Laurent d’Aigouze à Marsillargues, sans visa, mais avec une grande curiosité de mieux connaître les sites traversés. Les vignes qui occupaient pratiquement le moindre centimètre-carrés des terres, dans les années 50/60 et qui ont fait de la cave coopérative de Marsillargues la première d’Europe, ont été arrachées et remplacées par des arbres fruitiers  ou simplement sont devenues des pâturages pour les vaches et bious camarguais des manades Occitane ou, plus loin, Saint Gabriel.

Nous entrons dans Saint-Laurent d’Aigouze,  par le rond-point du cocardier, statue due à l’artiste Ben K pour rejoindre les arènes accolées à l’église. Nous sommes en Petite Camargue, pays de bouvine et de la « Fé du biou ». Plus culturel, Saint-Laurent est aussi la terre natale de la famille Auzière dont un enfant, Philippe Neel a épousé l’aventurière et écrivaine, journaliste, chanteuse d’opéra Alexandra David-Neel, première femme à entrer à Lhassa au Tibet en 1924. Peu avant la guerre de 1940 elle a fait transférer à Saint-Laurent, village qu’elle adorait, certains de ses objets personnels de sa maison de Digne (sa pipe à opium, son coffre à papiers, sa cloche tibétaine, papiers, livres etc.). En 2012, lors des journées du patrimoine, la municipalité a organisé une exposition de ces objets. Si les cendres d’Alexandra ont été disséminées dans le Gange, Philippe Neel repose au cimetière du village.

C’est Marie-Claude qui, tout au long de la balade,  a révélé  à notre petit groupe, cette histoire mais aussi

de nombreuses anecdotes sur le château de Teillan, le pont Boulet, le château de Marsillargues ou laP1100972

signification des sculptures portées au fronton de la mairie.

Passé le pont, nous sommes en terres lunelloises, dans l’Hérault, et c’est sur la digue que nous remontons le Vidourle.

Le fleuve se cache derrière les arbres et arbustes qui bordent la rive et le regard se porte vers les grandes terres

agricoles, les pâturages où ruminent les bovins de la manade Occitane.

Dans un parc, un peu isolés, les cocardiers aux cornes impressionnantes, nous défient du regard.

 

 

Nous arrivons près du pont Boulet qui traverse le Vidourle, après le repas. Une page d’histoire chère peut- être                                                                                              à la famille de notre guide, raconte que c’est un jeune conseiller municipal de Marsillargues,                             P1100979            Auguste Daunis qui devint maire du village, qui entreprit de convaincre toutes les instances nationales et régionales    pour construire ce pont que Pierre Boulet préconisait depuis de nombreuses années.

 

 

 Nous entrons dans Marsillargues, autre ville languedocienne de bouvine et célèbre pour sa fête votive du mois  d’août.

 Première visite : les arènes construites en 1960 et aujourd’hui classées monument historique. Curiosité : l’infirmerie  est située dans… un bar.   Les bandido et abrivado attisent toujours en grand nombre les Marsillarguois,  que l’on      surnomme « les Bajans » qui, en Languedocien, veut dire littéralement « les fous, les nigauds » (source Wikipédia). L   Le parcours a, aujourd’hui, été modifié et limité à la traversée du village des arènes à la « Chicanette » alors qu’à    une époque elles traversaient le pont ou se massait toute la population.

Voici maintenant la mairie et cette curieuse sculpture représentant trois boules, P1100988

une sorte de galoubet et des manchettes que portaient les musiciens et que l’on frottait entre elles.

La salle attenante à la mairie était, peut-être, un lieu de spectacles ou de jeux.

 

 

 

 

 

Tout à côté, le château de Guillaume de Nogaret orné d’une tour et dont la façade, du côté nord, porte hommage

à François 1er (salamandre), Louis XII (porc-épic), Diane de Poitiers (lune et monogramme) et sur l’aile sud des P1100990

emblèmes de Louis XIV, l’ensemble se complète par l’Orangeraie.

En faisant le tour des boulevards, un groupe de boulistes ironise sur nos bâtons de marche qui ressemblent

à ceux des skieurs : «Il n’y a pas de neige » plaisantent-ils. C’est l’occasion de leur demander s’il existe une rue

Gaston-Defferre, ancien maire de Marseille et natif du village. A leur connaissance, aucune rue n’a été baptisée de cet homme quand même célèbre même après les municipalités de Roger Contrepas et de son fils Jacques (1962 à 1979) qui appartenaient au même parti politique. 

 

 

Nous voici de retour vers Saint-Laurent d’Aigouze par la même digue héraultaise, celle gardoise étant en travaux où circulent de lourds engins de terrassement.

Le programme a été respecté : trois heures de marche et 11 kilomètres sans dénivelée et l’on se donne rendez-vous pour aller découvrir « la Combe des Bourguignons » entre Marguerittes et Poulx le jeudi 22 octobre. C’est André Amat qui conduira et guidera les randonneurs.

Paul Bosc