Le Rocher des Baux par Paul Bosc

Bleu, bleu, le ciel de Provence…

 

Pour la dernière « petite » sortie du jeudi, l’Association sportive des retraités nîmois a franchi le Rhône pour une randonnée en Provence vers le « Rocher des Baux » au départ de la charmante cité de Maussane-les-Alpilles et conduite par Bernadette Hugues.

Le ciel était bleu, comme dans la chanson de Marcel Amont, un bleu lessivé par un coquin Mistralet,  bienvenu dans les 32 et quelques degrés affichés au compteur du tableau de bord du véhicule. Heureux vent qui a rafraîchi les randonneurs tout au long des 13/14 kilomètres prévus à la balade.

Les départs en vacances ou la chaleur ont retenu un certain nombre de marcheurs nîmois et nous n’étions que sept pour ce périple provençal. Et pourtant que c’est beau la Provence ! Même si notre chauvinisme gardois, nous empêche de le crier sur les toits…

Cette terre pourtant si proche du Val d’enfer, est plutôt un paradis. La chaîne des Alpilles nous la découvrons en franchissant le pont du Rhône à Tarascon, au pas, en raison d’une circulation alternée sur cet ouvrage moderne à haubans. Quelques kilomètres plus tard après le château d’Estoublon qui, quand on l’appelle Mogador, rappelle qu’un fameux feuilleton a captivé des milliers de  téléspectateurs au début des années 1970, Paradou se traverse et Maussane-les-Alpilles s’enchaîne par la même route bordée de platanes centenaires. Le parking de Romarins était le point de départ mais c’est sur celui du camping du même nom que nous laissons les automobiles. Bernadette porte sa carte, Jean-François son GPS ; Eliane chausse ses chaussures, la famille Dessus a vêtu short et bermuda, Paul se demande ce qu’il va bien pouvoir écrire sur le blog de l’Assos et le président Serge Enjalran ferme la marche : direction les Baux-de-Provence par le chemin D27 qui conduira à l’aqueduc de la vallée des Baux construit en 1914 pour alimenter les cultures et diversifier l’exploitation de la vigne et de l’olivier. C’est l’eau de la Durance qui est amenée dans ces canaux depuis maintenant plus de cent ans dans un pays qui, jusqu’alors, souffrait du manque d’eau et de sécheresse.

On se dirige maintenant vers Manville et son terrain de golf  de 5500 mètres, récemment agrandi à 18 trous qui prend place dans le vaste domaine qui accueille le public  dans un hôtel 5 étoiles doté de tout le confort moderne. Bien sûr la couleur des greens fait dire : « Il doit en falloir de l’eau pour arroser ces terrains, surtout en été quand la garrigue est toute jaune et survit. » Nous nous émerveillerons plus loin sur les champs d’oliviers joliment alignés, dont les feuilles se retournent sous les coups du Mistral et offrent une couleur argentées.  Ces arbres tortueux et solides comme la roche des Baux donneront, plus tard, la fameuse huile d’olive de la vallée des Baux AOC. Si belle, si chère… !  Les Baux sont proches. « La Cabre d’or » et, plus loin « l’Oustaù de Baumanière » ont aujourd’hui fusionné, ces restaurants prestigieux sont aujourd’hui dirigés par Jean-André Charrial et son épouse qui ont succédé au grand père  Raymond Thuilier qui a fondé dans les années 50, « l’Oustaù ». Mais la randonnée n’a pas prévu la visite des lieux et le trésorier  a oublié le carnet de chèques. Il faudra se contenter de la vue dominante sur l’édifice en pierres des Baux en se dirigeant vers « le rocher » qui offre un panorama extraordinaire sur la vieille cité et où la vue ne s’arrête  que sur la Méditerranée. Bernadette fait faire un petit crochet pour y parvenir et se souvient qu’une année, les randonneurs avaient mangé la galette des rois ici. Jean-François a un souvenir plus douloureux puisqu’il avait dévalé le rocher sur le derrière, un jour de randonnée pluvieuse.

Le chemin nous conduit alors les anciennes mines de bauxite et les carrières en passant par la belle villa fleurie du « Mas de guerre » où les arbres et les arbustes sont taillés en cercle parfait et surprend le visiteur. Surtout quand il s’agit d’un olivier…

Après quelques kilomètres, c’est la pause-déjeuner tiré du sac.  Un joli coin à l’ombre où un pin entièrement couché sert de chaise. Les véritables randonneurs ont investi dans un siège pliable et léger qui ne tient pas de place dans le sac à dos. Nous avons parcouru 7 kilomètres. Au-dessus de nous, les « baou trouca », les roches trouées, forment des visages étranges, fantasmagoriques.

Les mines de bauxite sont depuis longtemps fermées, c’est pourtant aux Baux que l’ingénieur  français Pierre Berthier en fit la découverte en 1821 et son exploitation était la première au monde en 1913. Puis les Américains prirent la tête. Les autres nations suivirent et aujourd’hui la bauxite qui servait à la production d’aluminium, n’est plus exploitée en France. Au Baux, quelques entrées de mines restent des témoins de cette époque mais, à part la couleur rouge qui les entoure, rien n’a subsisté. Toute proche une ancienne carrière abandonnée elle aussi, nous apprend que cette activité a été pendant longtemps une source économique pour ce pays.

La dernière partie de la sortie traversera quelques beaux domaines comme « le mas de l’espérance » en partie situés sur une ancienne ligne de chemin de fer qui a permis pendant presque cent ans  aux agriculteurs de sortir de leur isolement. Maintenant les champs ne sont guère exploités et les mas sont devenus les résidences secondaires de riches propriétaires.

Encore quelques mètres. Nous passons devant le moulin de Me Cornille et la boutique de  Jean Martin, réputé pour ces plats cuisinés.

C’est fini pour cette saison.

Rendez-vous en septembre pour d’autres découvertes.