La Font Cluse par Paul Bosc

 

Sortie de rentrée !

 

 

L’Association sportive des retraités nîmois a repris ses randonnées mensuelles et le jeudi 24 septembre, première balade en direction de la Font-Cluse sur la commune de Meynes. Après les vacances, les rotules étaient, sans doute, un peu coincées et les muscles refroidis pour ceux qui n’ont pas chaussé leurs brodequins pendant trois mois. Il est vrai que la canicule n’incitait guère à aller affronter les routes et chemins de notre belle région. Aussi se sont 25 randonneurs qui se retrouvaient sur le parking de la mairie de Meynes pour la première « petite » balade de 11 kilomètres avec un petit dénivelé de 100 mètres.

Christiane, qui étrennait ses galons de guide de randonnée décernés par la Fédération nationale, avait bien préparé et repéré le parcours et s’était documenté sur les principaux sites qui jalonnaient le circuit. Dans son briefing, elle s’attacha  à rappeler les règles de sécurité que cette joyeuse bande de grands enfants ne respectent pas toujours et présenta une nouvelle venue dans l’Association, Marie-Claude.

Et nous voilà partis vers la Font-Cluse.

Meynes est un petit village qui garde encore une importante vie agricole avec des cultures maraichères et fruitières (pommes, abricots…) et, sur le plateau de Pazac, des vignes en appellation Costières de Nîmes et vins de Pays. Après avoir retrouvé la voie de chemin de fer abandonnée qui conduisait au Martinet et qui va devenir la voie verte du Pont du Gard même si celle-ci évitera le célèbre aqueduc romain (une aberration selon l’association qui attend cette réalisation depuis 15 ans), nous traversons une propriété importante où le ramassage des pommes est actuellement en cours (vergers de l’Ilon) et, au détour d’un chemin qui longe le canal d’irrigation de Remoulins à Fourques, un agriculteur qui revenait des cultures en tracteur en tirant une remorque remplie de caisses de pommes toutes rouges, gentiment, offrit ses fruits à notre petite troupe.

Merci cher ami agriculteur.

D’autres rencontres, en cours du chemin allaient aussi être surprenante…

Comme ce cueilleur d’armoise, rencontré après la « noria »  installée au rond-point de Perret. Mais ce monument est faux et il a été remonté en 2006 pour orner l’espace public avec sa margelle d’un puits, le mécanisme, une roue à chapelets scellée dans le béton et le canal de six mètres de long qui alimentait les jardins. Mais arrêtons-nous près du cueilleur d’armoise,  plante appelée autrefois " ponema " par les Gaulois est réputée pour son pouvoir fortifiant. C'est aussi un excellent stimulant digestif, antispasmodique, anti-inflammatoire, diurétique, antifongique et un puissant antibactérien et qui selon notre personnage, entre dans la confection du pastis…   A ne pas confondre avec la plante envahissante et allergisante l’ambroisie.

Quelques pas de plus et voici la célèbre source-fontaine de Font-Cluse dans son bassin circulaire de 6 mètres de diamètre et d’un bassin rectangulaire auquel on accède par trois marches de pierres. Christiane nous raconte son histoire : « Elle fut découverte par les soldats de Charles Martel en 736 en poursuivant les Sarrazins et en livrant bataille. Plusieurs soldats lavèrent leurs blessures dans la source et les plaies se cicatrisèrent si rapidement que Charles Martel fit analyser cette eau où ses médecins découvrirent qu’elle contenait du vitriol, du fer, du soufre qui, joints à la fraîcheur, avaient opéré cette cure miraculeuse. Il fit clore le bassin et le recouvrit. Charlemagne voulut connaître ses bienfaits et le comte Simon de Montfort vint prendre les eaux en 1211 comme François premier en 1541. La femme d’Henri IV vint à Meynes et Louis XIII passa quatre fois à Montfrin. On appelle aujourd’hui la fontaine de Meynes. » (Pour plus de détails consulter le site internet Inventaire du petit patrimoine du pays Uzège-Pont du Gard).

Au sortir de la source, on prend de l’altitude et grimpons hardiment à 80 bons mètres en traversant un magnifique bois de chênes verts (ça sent la truffe !) mais une battue aux sangliers est en place avec un cordon de chasseurs sachant chasser avec leurs chiens. Prudence et méfiance même si les chasseurs nous font signe de passer en file indienne. Heureusement il est l’heure du déjeuner ou de l’apéro… Et les nimrods mettent leurs armes au fourreau en nous laissant une belle clairière en bordure du bois pour ouvrir le sac à dos.

Sur le plateau rocailleux, les raisins se chauffent au soleil comme à Châteauneuf du Pape et, de l’autre côté du chemin, se sont des abricotiers qui ont été plantés. Nous sommes sur le domaine des étangs de Pazac et du vin du même nom partagé en 240 ha d’appellation  Costières de Nîmes et 60 ha de Pays d’Oc et IGP Pont du Gard. La cave produit entre 13000 et 17000 hectolitres de vins par an.

Des vignes et encore des vignes dans la descente vers le château de Clausonne et l’ancien réservoir des eaux de Nîmes. Le château et ses dépendances sont propriété de la famille Seydoux-Fornier de Clausonne (les trois frères Seydoux font partie des grandes fortunes de France) qui perpétue sa descendante par l’actrice récompensée à Cannes en 2013, Léa Seydoux.

Encore une petite pause devant la croix de Pitot à laquelle il ne reste plus qu’une branche horizontale scellée sur un fut octogonal en calcaire. Comme l’explique Christiane, Henri Pitot, mathématicien né et mort à Meynes (1695-1771), a inventé un instrument destiné à la mesure des fluides connu sous le nom de tube de Pitot encore utilisé en aéronautique, mais quelques Nîmois ont  cru qu’il s’agissait du docteur et de l’hôpital des « gagas », célèbre dans la conversation nîmoise : « Tu vas finir chez Pitot » disait-on aux gens qui semblait un peu dérangé des cervelles.

Il ne restait plus qu’à traverser le bois de Clausonne, frais et verdoyant sous les chênes verts en croisant quelques plantations de chênes truffiers qui, dans quelques années, offriront ce champignon au parfum envoutant.

Encore quelques pas pour revenir sur le village avec une petite halte informative sur le calvaire de l’avenue de Nîmes. Christiane avait prévu une petite rallonge à la « balade » : la visite du centre ancien de Meynes.

La prochaine étape est prévue le jeudi 8 octobre avec « les berges du Vidourle » de Saint-Laurent d’Aigouze à Marsillargues, 11 kilomètres, 3 heures de marche et un petit dénivelé de 100 mètres

 

Paul Bosc