La Combe des Bourguignons par Paul Bosc

La combe des Bourguignons, la garrigue des pauvres

 

Personne ou presque des randonneurs de l’Association sportive des retraités nîmois ne connaissait ce lieu, à quelques kilomètres de Marguerites : la combe des Bourguignons réaménagée superbement par la municipalité et porteuse d’une histoire de labeur, de peine et de sueur pour quelques pauvres paysans.

 

Vers 1850,  au début de l’exode rural (la France comptait  35 millions d’habitants dont  27,3 millions de paysans) Jean Sexte, dit « Bourguignon » cultivait ce site venu, comme beaucoup d’autres travailleurs, de toutes les régions de France pour arracher les pierres de cette garrigue, afin de rendre la terre exploitable. On les appelait « les Rachalans » peut-être parce qu’ils étaient toujours accompagnés d’un âne (racho en occitan) ou parce qu’ils travaillaient comme des bêtes de l’aube au crépuscule. Les propriétaires terriens qui les employaient toute la journée leur laisser alors quelques ares pour pouvoir cultiver et se nourrir. Ce qu’ils ne pouvaient faire qu’après leur labeur. De paysans ils sont devenus terrassiers, bâtisseurs de murs en pierres sèches pour les restanques  ou les capitelles ; maçons pour construire leurs cabanes. Les témoignages sont nombreux avec des panneaux explicatifs tout au long du parcours comme, par exemple, la capitelle abritant une source aujourd’hui tarie qui alimentait les champs. Les oliviers y sont nombreux mais ils ont laissé pousser cet arbre rustique de la garrigue nîmoise : 1 img 0438 3

les arbousiers qui offraient, hier, leurs fruits couleurs sangs, au jus sucré.                         

Ils travaillaient sans doute comme des bêtes mais ils possédaient une terre.

Un bien inestimable, les racines d’une vie. De la vie. Et qui rappelle des souvenirs…

 

Ces racines, ce coin de terre, ce lieu de vie nous les avons évoqués avec André Amat, le guide de cette journée et Monique Dessus (née Martin). Pendant notre enfance et notre adolescence, nous avons vécu dans le même quartier nîmois, celui de la rue Delon-Soubeyran et de la rue Saint-Mathieu, entre l’église Saint-Paul et le temple de l’Oratoire, un quartier vivant, à l’époque où l’on faisait la queue, le dimanche pour aller se laver aux bains-douches municipaux, où les commerçants s’appelaient Denis le coiffeur, Courtial, le boulanger, Simone et Jean les épiciers, Vandeur le serrurier, Mourgues pour les fruits et légumes. Il y avait aussi la mercerie, des menuisiers, le Bon-Lait et l’échoppe de mon père le cordonnier. Nous n’étions pas riches mais comme les « Rachalans » c’était notre coin de terre nîmoise. Et nous l’aimons encore.

 

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre balade. Quitté  la combe nous irons à travers champs et collines découvrir Poulx, quartier résidentiel aux belles demeures où nous déjeunerons avant de refaire le chemin en sens inverse pour revenir vers la Combe des « Bourguignons » par l’autre extrémité, celle où la mairie a édifié une maison commune aux associations qui viennent dans ce lieu découvrir un pan de l’histoire. Celle avec un grand « H ».

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Une petite surprise était réservée aux nouveaux membres adhérents à l’Association,                                  

une surprise, cadeau de bienvenue en quelque sorte. Jeanne, Marie-Claude, Fabienne,          

Hervé et  Michel ont apprécié la « castagnade » organisée par notre guide.

Les autres aussi ont apprécié…

 

 

 

Mais il ne devrait pas croire que se sera tous les jeudis pareils…