Générac-Les Puechs par Paul Bosc

 

Les calembredaines du grand Chambellan

 

Pour bien suivre cette histoire, il faut, tout d’abord, savoir que les habitants d’Alès sont appelés « les Mange-tripes » ; ceux de Vézénobres portaient le titre de « Sarrazins » parce que la ville possède deux tours de cette époque où le Sud de la France avait été envahi par ces tribus barbares. A Beauvoisin, dans les Costières, le sobriquet utilisé est « li Tefles » (les Grosses Têtes) et à Générac, la ville voisine, les résidents sont plutôt râleurs d’où le nom occitan de « Racanels ». Il se raconte que, quand les deux équipes de football se rencontraient à Générac, la troisième mi-temps était assez mouvementée puisqu’elle se terminait chemin Creux dans une bagarre générale entre « Tefles » et « Racanels ».

 

Sachez aussi, toujours pour bien comprendre cette histoire, que notre guide du jour est un Sarrazin d’origine mais Racanel d’adoption. Cela peut expliquer bien des choses…

 

Le grand Chambellan de l’Association sportive des retraités nîmois, habitant donc le petit et charmant village de Générac a été pressenti par le président Serge Enjalran pour conduire cette « balade du jeudi » vers les puechs qui séparent les vallons du territoire. Soit dit en passant, Frédéric Mistral dans « Lou Tresor dou Felibrige » son dictionnaire  Français-Provençal, définit ce mot par : une ondulation de terrain, un sommet, une éminence, une colline isolée… Mais qui peut aussi se dire, selon les régions, Poui  ou Pèt en gascon, Puig en catalan, Le Puy comme en Haute Loire ou Puy Sainte Réparade dans les Bouches-du-Rhône etc.

 

Mais revenons à nos moutons, et éloignons immédiatement l’idée qu’il s’agit dans cette locution des 23 randonneurs

de l’ASRN présents sur le parking du château pour cette sortie annoncée pour 13 km, sans difficulté, même

si « la réclame » ne mentionnait pas un dénivelé

de 200 mètres incluant la montée du Puech Lachet. Comme les légionnaires romains on avait signé pour en baver ! Mais voilà que le grand Chambellan, en reconnaissant le trajet, découvre un éboulement et un trou aussi immense que l’abime de la Sécurité sociale ou les fonds du Trésor public. Donc il décide de ne pas tenter le Diable et

surtout la blessure d’une de ses ouailles placées sous son éphémère responsabilité. Le trajet devient donc une03 p1050728

promenade de santé en se dirigeant vers Aubord, autre petit village de la Costière, en empruntant des chemins

plats comme un œuf sur le plat, en serpentant entre vignes, arbres fruitiers ou friches de vignes arrachées qui

pourraient pourtant nourrir bien plus de chômeurs ou de sans-emploi que les quelques chevaux Camargue

qui mâchonnent les pissenlits, certes pas par la racine, mais dans des enclos.

 

« L’Argentier » connaît, comme sa poche, car elle est vide, les lieux et annonce fièrement et même en pérorant quelque peu : « Ici, on ne peut pas se perdre ». La suite nous dira le contraire…

 

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 Donc on marche vers les travaux gigantesques de la nouvelle voie TGV. 

 Les femmes parlent, taillent, à l’occasion, un costume sur l’une ou sur l’autre,

évoquent leur régime et se partagent des recettes culinaires.

 

 

 

Ah ! Si nous avions grimpé quelques côtes, ces bla-bla auraient cessé. Les femmes parlent beaucoup…

Malgré le ciel gris et bas, la température est agréable et « l’Econome » choisit un terrain pour un                                         

déjeuner sur l’herbe à  la manière de Manet, mais en moins romantique.

Le sol est dur les mauvaises herbes ne sont pas rembourrées. Mais on a signé…

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Après le repas, André propose un petit remontant sympathique. Malgré l’appel discret, mais néanmoins insistant pour que le « questeur » assure l’élixir-digestif, le « caissier » a oublié ce détail. Heureusement son épouse propose une part de gâteau. Sans vergogne, le « facturier » assure qu’il s’est, levé à 5 heures du matin pour pétrir et préparer cette petite gâterie. Mais il en est rien. Elle arrive tout droit de la pâtisserie industrielle du coin. Toutefois, elle ravit notre communauté.

 

Allez ! En route. Ce n’est pourtant pas les méfaits de l’alcool  mais le « pifomètre » du meneur de troupe ne fonctionne pas au mieux. Le « Prévoyant » se trompe de chemin.  Il faut tourner les talons. Là, le président commence à perdre patience et se demande s’il y a un pilote et se pose la question si « l’Eclaireur » ne risque pas de mettre en péril l’existence même de l’association. Enfin, après une dernière rectification de trajet par Jean-François, nous arrivons à Générac. Il ne fait pas encore nuit noire. Sauvés !

 

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 Si, au départ, nous avons pu découvrir les richesses du village comme la cave coopérative 

 qui a longtemps été la détentrice du record de capacité des cuves, il nous reste à découvrir

 le musée de la tonnellerie et le château, propriétés de la commune.

 

 

 

En 1980, la cave a produit 210 000 hectolitres de vin de table alors qu’elle a subi une perte spectaculaire de production après cette date pour en arriver en 2006 à 62000 hl mais les viticulteurs ont arraché ou changé de cépages pour entrer dans l’appellation « Costières de Nîmes ».

 

Intéressantes visites que le musée et le château. C’est « l’encaisseur des licences et des cotisations » qui a conclu 23 imag0210

avec les services de la mairie cette visite où l’on a appris que le propriétaire des lieux, au XIe siècle, empruntait,

à cheval, l’escalier hélicoïdal et orné d’anges masqués pour accéder aux étages. Il faut savoir que les cavaliers du Moyen-Age  

montaient des destriers qui n’excédaient pas les 1,40 m au garrot malgré que leurs races soient classées

chez les « Great horse », (grand  cheval). Ce qui rend cette monture médiévale bien petite.

 

A découvrir également une grande toile de l’artiste nîmois Albert Martin.

 

Il est temps de cesser de plaisanter et remercions Michel Dessus de cette journée, même si l’on a beaucoup ri sur ses calembredaines. Je vous laisse chercher la définition dans le dictionnaire…

 

Prochaine sortie le mardi 15 décembre à Saint-Martin de Crau pour une petite balade sur le circuit découverte puis repas de fin d’année au restaurant de la Crau, chez Louis Michaud. Ensuite visite du musée de la Crau. Pour terminer l’année en beauté, le jeudi 17 décembre, randonnée aux capitelles de Milhaud de 10 km avec 100 mètres de dénivelé. Rendez-vous à 13 h 30 sur le parking de Lidl, derrière l’ancien Casino.