Congénies Pierre plantée par Paul Bosc

 

Revivre le passé

 

La Vaunage. Quelle magnifique vallée creusée dans la garrigue que Marie-Claude a découverte en descendant vers Clarensac en venant de la route de Sauve. Sur le panorama qui s’offre, en cette matinée d’automne, s’étalent les villages de  Cavairac, Clarensac, Lansargues, Saint-Côme, Calvisson et ses moulins, les collines de Nages où une communauté romaine a vécu dans l’oppidum et puis, derrière les  hauteurs de Calvisson, Congéniès et Aubais. C’est le but du voyage, c’est le rendez-vous fixé par l’Association sportive des retraités nîmois que préside Serge Enjalran pour une nouvelle balade du jeudi qui conduira les randonneurs vers la « Peyra plantada » un des rares menhirs du Languedoc et la chapelle Saint-Nazaire de Marrissargues sur la commune d’Aubais. Marie-Claude, savoyarde immigrée dans le Sud, ne connaissait pas la région. Elle s’égare dans les petites rues de Calvisson. Les camarades  attendent notre arrivée près de l’ancienne cave coopérative. « On a pris un raccourci ».

 

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Les vignes qui, à une époque, s’étendaient sans discontinuer de Saint-Césaire à Sommières ont été arrachées ; des

chevaux occupent parfois le terrain en attendant que les mairies décident de lotir ces terres agricoles.

Les villas et les lotissements gagnent chaque année de plus en plus de terrain et effacent les images de mon adolescence.

 

 

 

Je me souviens du tour des « 35 » que nous faisions à vélo en partant de Saint-Césaire pour rejoindre Clarensac et sa côte qui grimpait en zig-zig, relativement pentue et qu’il fallait  gagner en danseuse, puis on rejoignait Nîmes par la route de Sauve. 35 kilomètres avec des bicyclettes qui n’étaient pas en titane…

Je me souviens du train de la ligne Nîmes-le Vigan, aujourd’hui remplacé par une voie verte qui emprunte son trajet.

Aubais que nous allons traverser est le village natal de mes grands-parents paternels. Ils reposent dans le cimetière protestant et j’ai une pensée pour mes ancêtres que je n’ai pas connus.

Aubais c’est aussi la cour du château, « le plan » qui est toujours le lieu sacré des fêtes votives de la ville. Dans les années 60 des charrettes formaient l’arène et le public s’entassait sur chacune d’elle.  Il n’y avait ni barricades, ni barrières. Parfois le taureau montait les cornes jusqu’aux spectateurs. Le « plan » est toujours carré et en pente mais des amphithéâtres démontables remplacent aujourd’hui les vieilles charrettes.

Ce qui n’a pas changé dans la Vaunage, c’est la tradition des « empèques ». Sur tous les portails

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ou portes de Calvisson, Congeniès, Aubais, Aigues-Vives, Langlade, Saint-Côme… se collectionne

 ces « tampons » portant le millésime de la fête votive et représentant souvent le drapeau languedocien,   

 un taureau, un cheval, des tridents, la croix camarguaise… Les jeunes du Comité des fêtes donne l’aubade

 à la population afin de récolter des fonds pour organiser la fête et oppose « l’empègue » pour…....

 Se souvenir qu’ils sont passés par là. Les fêtes votives sont redoutables en Vaunage.

 

 

 

A visiter la ville, on apprend par une plaque scellée sur le mur de la maison face au château qu’un médecin, ancien maire d’Aubais, Paul Berrus était « compétent, généreux, disponible, jovial. Il était Paul le mainteneur, l’âme de tout un village. Sa devise était : résister ». Un bel hommage mais il semblerait que le village est le don d’élire des maires remarquables. On apprend ainsi  en consultant Internet sur la vie des Aubaisiens et Aubaisiennes que Pilar Chaleyssin, maire, a reçu la Légion d’honneur en 2011.

La randonnée conduite par Eliane Daunis qui a pris à la lettre le cahier des charges des P1110406

« petites randonnées du jeudi » : sans difficulté et décontractée, va nous conduire vers 

la chapelle Saint-Nazaire de Marissargues, par une ancienne voie romaine marquée                

par le passage des roues qui ne connaissaient pas le pneumatique. La bâtisse est fermée                        

et ne laisse pas beaucoup d’informations. Ce que l’on sait : elle est restaurée par des

bénévoles et n’ouvre que l’été ou pour les journées du patrimoine.

Mais elle est jolie dans son noyau de verdure et permet de faire une petite pause pour se désaltérer.

Comme il n’y a pas de difficulté, les femmes parlent beaucoup…

 

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 On repart pour rejoindre la « pierre plantée » que nous avons rencontrée à l’aller sur le chemin des Oules ; 

 On apprend ainsi qu’elle date de l’âge de cuivre soit 2500 ans avant Jésus Christ et que c’est un bloc de molasse      enfoncé d’un mètre dans le sol et haute de 2,50 m.

 Des signes chrétiens ont été gravés sur l’une de ses faces mais on ne sait pas exactement

 si elle servait à marquer des distances ou à autre chose.

 

 

Fin du voyage.  Les 24 randonneurs quittent les chaussures et posent les bâtons.

Marie-Claude va nous ramener à Nîmes. Avec Guy on veille à ce qu’elle ne nous perde pas sur le chemin du retour. On plaisante, bien sûr…

 

Prochaine sortie : jeudi 3 décembre. On randonne à Générac et marche vers les Puechs, 13 km avec un dénivelé de 150 m. 3 h 30 à mettre un pied devant l’autre avec pause déjeuner compris. Le grand chef de la sortie est Michel Dessus. Les randonneurs espèrent que le trésorier aura dans les fontes de son magnifique sac un petit remontant aussi égal à l'élixir du président...