Collorgues - Les Pigeonniers de St Eulalie par Paul Bosc

 

Le pylône qui veut ressembler à un arbre !

par Paul Bosc

 

Une curiosité dans cette garrigue de l’Uzège. Une découverte par les randonneurs du « jeudi » lors de la dernière balade organisée par l’Association sportive des retraités nîmois au départ du charmant village de Collorgues pour découvrir, chemins faisant, le pigeonnier de Sainte-Eulalie puis Aubussargues et son château et, sur le retour, le panorama des Pises, puis la chapelle de la Madone et, enfin, cette antenne écologique érigée sur la crête de la colline à laquelle on accède par le sentier des ânes.  Si sa voisine installée par la société Free, domine la vallée, toute nue ; celle de Bouygues cache ses entrailles et ses connections par un habillage se voulant représenter un tronc d’arbre et ses antennes dissimulées par des  imitations de véritables branches. Bien évidemment on ne saurait trop conseiller à Saint-Louis, s’il passe par là, de ne pas rendre la justice sous sa verdure, un panneau précise tout de même, qu’il ne faut pas abuser des ondes émises…

 

C’était le terme de cette randonnée de 3 heures dans la garrigue de l’Uzège, au milieu des vignes et des oliviers mais aussi sur les traces d’une histoire riche de ce territoire comme le pigeonnier de Sainte-Eulalie, datant du moyen âge et encore fièrement dressé au centre du village de Garrigues-Sainte Eulalie qui fêtait en 2014 le centième anniversaire du rapprochement des deux villages.  Il est vrai qu’au fil du parcours, on a pu se rendre compte combien ce territoire a été peuplé et exploité dans les siècles passés. Les clapas, les capitelles, les anciennes bergeries sont encore nombreux dans les domaines aujourd’hui abandonnés où les chênes et les pins ont pris possession de la nature délaissée par l’homme.  Mais on se plaît à remarquer combien dans ces villages les façades des maisons  ont été restaurées en pierres apparentes  même si la plupart ont été revendues comme résidences secondaires. Historique aussi  la coexistence des temples protestants et des églises catholiques dans un pays dominé par le duché d’Uzès. C’est le cas d’Aubussargues avec son château médiéval, tout de blanc vêtu et chapeauté d’un toit d’ardoises et de deux tours qui côtoie le temple. Le château de la famille d’André, grande famille de marchand, de notaires, de conseiller du roi se voit de loin quand on a quitté Garrigues-Sainte-Eulalie et que l’on traverse de jeunes vignobles ou des champs d’oliviers taillés récemment.

 

C’est Bernadette Hugues, carte en main qui conduisait la troupe  composée d’une douzaine de marcheurs où le retour de Colette, après quelques mois d’absence, a été salué comme il se doit.

 

C’est d’ailleurs à Aubussargues que la halte-déjeuner  était prévue. Un peu d’ombre serait la bienvenue car le soleil printanier darde ses rayons. L’enceinte du Temple fait très bien l’affaire et son mur extérieur ou les escaliers d’entrée servent de tables et de chaises temporaires. La tradition du dessert préparé par quelques randonneurs  est respectée et gâteaux et biscuits se partagent avant de reprendre la route. Nous sommes à moitié de parcours et il est près de 13 heures. La chaleur du jour incommode quelque peu, il faudra, peut-être revoir les horaires des sorties quand il fait chaud,  mais la garrigue est ici boisée et les chênes offrent de l’ombre en grimpant vers le panorama des Pises. C’est là que se déguste le paysage qui s’étend jusqu’au Mont Bouquet, si spécifique avec ses 629 mètres.

 

Cette petite virgule dans le circuit se complète quelques pas plus loin par la découverte d’une chapelle isolée en pleine nature où les paysans devaient se recueillir avant ou en revenant des champs. Une Madone  attend les prieurs derrière le petit portail de fer.

 

Etonnés et surpris de cette présence insolite qui demanderait quelques explications mais aucun panneau ne viendra assouvir la soif de curiosité du petit groupe. Il faudra chercher dans les archives le secret de sa présence.

 

Et puis voilà les pylônes…

 

Et puis c’est le retour vers Collorgues par un chemin de randonnée signalé en jaune. Déjà apparaissent de nouveaux lotissements, le goudronnage  a remplacé la terre. Retour à la civilisation. Fin du voyage.

 

Les 10,7 km sont marqués sur le GPS de Jean-François, les 3 heures de marche un peu dépassées. On se revoie le  jeudi 7 mai  à Gallician pour une randonnée de 11 km menant du canal du Rhône à Sète au canal et le canal du bas-Rhône.

 

Paul Bosc